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PERSONNAGES
HISTORIQUES DU SANKURU
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Ngongo
Lutete (Leteta)
Esclavagiste arabisé pour les uns, premier leader anti-colonialiste
tetela pour les autres, condamné de droit humain pour les uns, martyr
de l'arbitraire colonialiste pour les autres.
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Patrice
Emery Lumumba
Héros national, père et martyr de l'indépendance du Congo
(Evudu Shakote lakatembaka ngomo ko akina wotahomi). Nationaliste
panafricaniste, il était de la trempe des grands
primesautiers africains comme Kwame N'krumah et Nasser. Son tort c'est
d'avoir été de loin en avance sur ses contemporains.
L'assassinat de Lumumba avait inauguré une culture de violence dans
la classe politique congolaise. Le pays a encore du mal à en départir.
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Joseph
Okito
Martyr de l'unité nationale, ancien président du M.N.C./Sankuru.,
compagnons d'infortune de Patrice Lumumba
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Général Olenga
Chef
militaire des insurgés nationalistes lumumbistes sous la houlette de
la ''rébellion'' des Simba de l'Est (1964). ''Amnistié'', il regagna
le pays, mais aurait été empoisonné par les services secrets de
Mobutu. Il était mort à Brazzaville
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Mama
Onema
La féticheuse des combattants insurgés Simba, appelés mulelistes
dans le langage populaire.
Elle devint populaire à cause de ses fétiches qui dit-on, rendaient
les Simba invulnérables. Elle aussi était morte (tuée)
dans les géoles de Mobutu à Kinshasa. Une certaine légende dit
que Mama Onema avait six seins.
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Louis
Akonda
Nationaliste, collaborateur de Lumumba. Il aurait, en son temps,
prévenu Patrice que Mobutu n'était pas un collaborateur sûr: il
oeuvrait pour les services secrets étrangers. Quand, en 1965, Mobutu
prit le pouvoir au terme de son deuxième coup d'État, il envoya
chercher Akonda. Les Ankutshu Membele n'entendirent plus parler de lui.
Ils l'ont perdu, comme Lumumba et tous autres
fils valeureux.
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Mama
Anekumba
Fille de Papa Ovungu de Tshumbe, Elle fut tuée par un certain Kitoko.
Son assassinat souleva beaucoup d'émotion au Sankuru, au moment ou
nous avions notre province à nous (1962-66). Elle fut chantée par des
guitaristes de renom.
Mais nombre d'anciens décrivent sa beauté et les circonstances de sa
mort toujours avec un peu d'exagération: influence des chansonniers.
Il mourut comme femme libre. Kitoko : Assassin de mama Anekumba,
infirmier de profession.
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Longanga
la Mpongedjoke
L'un des plus grands chefs coumiers du Sankuru.
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Osombo
Omanyundu
Un homme de grand courage, un téméraire. Il vécut dans la
collectivité de Lutshimba, dans le Territoire
Administratif de Lodja. Il s'insurgea contre l'ordre colonial naissant,
se cacha en forêt avec son arc à flèches. Ayant trouvé une
cachette dans un creux d'arbre, il décima forces policières, soldats
et agents coloniaux, avant qu'il ne soit trahi. Et ce fut une fin
tragique pour ce nationaliste avant la lettre.
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Akaya
Un autre personnage célèbre. Traversier et grand nageur de son
vivant, il oeuvrait au point de franchissement de la Lubefu (Leetshu)
sur le chemin de Lusambo. Passant régulièrement ses heures de loisir
à nager, ça lui plaisait de manger la canne à sucre au dans les
flots. Le public ne voyait que des écorces qui remontaient en
surface. Des fois, dit-on, il y tenait pour deux heures!...Un jour,
les gens attendaient à terre pour la traversée. Akaya, lui, était
à l'ouvrage dans son élément. Il mangeait la canne sous l'eau. Des
heures s'écoulèrent avant qu'on ne rendit compte: pas une écorce de
canne ne remontait plus en surface! Avec le temps l'inquiétude
grandissait, mais, jamais les gens de la Lubefu ne revirent ''leur''Akaya.
Il ne resta qu'un adage: ''Akaya akavu lo Lubefu'', ce qui signifie
tout simplement: il ne faut pas exagérer.
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Tshaa-Mikaba
Oui, les temps ont changé. Les générations récentes chez-nous ont
certes été terrorisées par beaucoup de maux dans ce Congo orphelin
de Lumumba. Mais, au moins, sommes-nous épargnés des affres de
Tshaa-Mikaba. Qu'était-ce donc Tshaa-Mikaba? Nombre des Congolais ont
fait des recherches universitaires sur ce personnage, mais peu de
connaissances sérieuses ont été accumulées sur lui. À l'époque
coloniale, des bandes des brigands (protégés ou pas, on ne sait
trop), enlevaient des gens en fleur d'âge qu'ils amenaient,
nuitamment et par le bois, dans des directions inconnues.
La légende raconte qu'ils étaient conduits dans des cellules
obscures souterraines, d'où ils étaient acheminés comme esclaves en
Europe. Ce qui est prouvé, c'est
qu'il y avait réellement des disparitions. Nous autres avions connu
certains cas. Ça mobilisait des villages entiers en recherche, avec
des lampes en pétrole, des chiens, et autres moyens, dans l'espoir de
retrouver l'infortuné du jour. L'Afrique a tout subi.
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Lusambo
Lusambo, un des Territoires administratifs du Sankuru. Mais,
qu'avait-il de particulier pour figurer sur cette liste réservée
plutôt aux personnages? Le Territoire de Lusambo abrite certes le
chef-lieu de District du Sankuru. Mais, n'était-il pas
connu comme ''lieu de non-retour''? À l'époque coloniale, les délits
mineurs étaient jugés au niveau des tribunaux coutumiers,
sinon au tribunal administratif local. Mais, tout crime
dont la peine était supérieure à six mois, devait être jugé au
tribunal de district, à Lusambo. N'ayant pas d'emprise économique
sur le reste du District, les relations entre Lusambo et le reste du
Sankuru étaient essentiellement à caractère administratif. À
partir d'un certain moment, elles étaient surtout connues
comme des rapports avec le tribunal de «Shushi». Ce mot
résonnait très mal dans les oreilles de nos grands-parents. Être
envoyé chez le «Shushi» de Lusambo, c'est la plus
grande calamité qu'on pouvait affliger à un individu.
Nombre des personnes qui étaient envoyées là ne
revinrent jamais en famille. Ainsi, Lusambo devenait-il synonyme de
PRISON de la mort. Lorsque pris de colère, quelqu'un te déclarait:
je pourrais aller à Lusambo à cause de toi: il fallait fuir,
fuir...Très loin! Mais, hélas!
En 1989, nous avions visité Lusambo. A notre agenda figurait en bonne
position la visite de la prison historique de Lusambo. Nous voulions
absolument voir ce lieu tant réputé, craint.... Tôt le matin, la
plus grande déception de notre visite: la prison de Lusambo
n'existe plus. Il y a des décennies depuis qu'elle s'était
écroulée. Nous cherchâmes aussi à visiter la célèbre bute en
ciment où on exécutait les condamnés à mort: Ça n'existait
plus. Peuple sans mémoire!
Régine Alende.
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